Se faire tatouer n’exclut personne du don de sang, mais impose une contre-indication temporaire. Selon l’Établissement français du sang (EFS), il faut que le tatouage ou le piercing date d’au moins deux mois pour pouvoir donner, et cette règle vaut aussi pour les boucles d’oreilles.
Pourquoi un tatouage entraîne un délai
Une précaution sanitaire, pas une exclusion
Le tatouage est un acte d’effraction cutanée : l’aiguille traverse l’épiderme de façon répétée pour déposer le pigment dans le derme. L’Assurance Maladie rappelle que le tatouage s’accompagnant d’un saignement, il existe un risque potentiel de contamination par des virus transmissibles par le sang (hépatite B, hépatite C, VIH) lorsque le matériel est contaminé, mal nettoyé ou mal stérilisé. Les contre-indications au don garantissent, selon les termes de l’EFS, « votre sécurité et celle des patients ».
L’ajournement ne traduit aucune suspicion à l’égard du tatoueur : c’est une règle générale, qui figure dans une liste plus large où l’on trouve aussi une infection ou une fièvre récente, certains soins dentaires ou des voyages dans certaines zones.
Le délai applicable en France
Deux mois après le tatouage
L’EFS indique comme contre-indication : « Votre tatouage ou votre piercing a été fait il y a moins de 2 mois. » Les règles de sélection des donneurs sont définies par une directive européenne et transposées en France par un arrêté ministériel ; elles peuvent évoluer avec les connaissances scientifiques. Il est donc utile de vérifier la règle en vigueur au moment de se présenter.
Un tatouage ancien n’a aucune incidence sur cette contre-indication, qui vise un tatouage récent : seule compte la date de la dernière séance.
Le point de départ du décompte
Le décompte part de la date de la séance. Pour une pièce réalisée en plusieurs rendez-vous, chaque nouvelle séance à l’aiguille, retouche comprise, fait repartir le délai. Un dos ou une manche étalés sur plusieurs mois repoussent donc l’échéance à chaque passage.
Quels actes sont concernés
L’EFS mentionne le tatouage et le piercing, boucles d’oreilles comprises. Le maquillage permanent est, selon l’Assurance Maladie, une variante du tatouage qui repose sur le même principe d’injection de pigments dans la peau : il se déclare de la même façon. Pour tout autre acte esthétique récent réalisé à l’aiguille, le plus simple est de le mentionner lors de l’entretien préalable au don, où l’équipe médicale de l’EFS tranche.
Organiser son calendrier
Pour un donneur régulier, mieux vaut regrouper les séances d’un projet important sur une période resserrée plutôt que de les espacer sur l’année, ce qui repousserait d’autant la reprise du don. Pour un petit projet isolé, il suffit de le placer juste après un don. À garder en tête : l’EFS impose par ailleurs huit semaines entre deux dons de sang.
Le rôle de l’entretien préalable au don
Les contre-indications publiées par l’EFS sont un repère pour s’auto-évaluer avant de venir, que ce soit pour un don de sang, de plasma ou de plaquettes. Seul le personnel de santé de l’EFS peut confirmer, le jour même et à l’issue d’un entretien confidentiel, que le don est possible. Déclarer un tatouage récent n’entraîne rien d’autre que le report du don.
Questions fréquentes
Un tatouage ancien empêche-t-il de donner son sang ?
Non. La contre-indication publiée par l’EFS vise un tatouage ou un piercing fait il y a moins de deux mois. Au-delà, le tatouage n’est plus un motif de report.
Une retouche fait-elle repartir le délai ?
Une retouche est une nouvelle séance de tatouage : sa date sert de point de départ. Le plus sûr est de la signaler lors de l’entretien préalable au don.
Le piercing est-il concerné ?
Oui, avec le même délai de deux mois selon l’EFS, y compris pour les boucles d’oreilles.
Faut-il signaler un tatouage réalisé à l’étranger ?
Oui. La date de la séance compte, et un voyage dans l’année peut ajouter ses propres contre-indications selon les pays visités, que l’EFS permet de vérifier en ligne.
Sources
- Établissement français du sang, « Qui peut donner ? » (consulté le 10 octobre 2026)
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Quels sont les risques du tatouage permanent ? », 18 septembre 2026 (consulté le 10 octobre 2026)
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Tatouage et maquillage permanents : de quoi parle-t-on ? », 17 septembre 2026 (consulté le 10 octobre 2026)