En France, un mineur peut-il se faire tatouer ? Oui, mais pas seul : le professionnel doit recueillir le consentement écrit d’une personne titulaire de l’autorité parentale ou d’un tuteur. C’est une obligation réglementaire qui vise le tatouage par effraction cutanée, le maquillage permanent et le perçage corporel, et que rappellent les agences régionales de santé.
Ce que dit la règle
L’ARS Île-de-France, dans sa page destinée aux professionnels, énumère les obligations de tout tatoueur déclaré : respecter les bonnes pratiques d’hygiène et de salubrité, informer ses clients des risques et des précautions à respecter après la séance (une information délivrée oralement, affichée dans le local et remise par écrit), et « recueillir le consentement écrit d’une personne titulaire de l’autorité parentale ou d’un tuteur » avant d’intervenir sur un mineur.
L’Assurance Maladie rappelle la même exigence côté client : le recueil du consentement est écrit si le tatouage concerne un enfant de moins de 18 ans. Elle ajoute un avis de santé : le tatouage est déconseillé tant que la croissance n’est pas achevée.
Ce que la règle ne dit pas
Les textes rappelés par l’ARS et l’Assurance Maladie ne fixent pas d’âge minimum en dessous de 18 ans et n’imposent pas la présence du parent pendant la séance : ils exigent un consentement écrit. Un professionnel reste par ailleurs libre de décliner un projet, y compris lorsque l’accord parental est présenté, par exemple si l’emplacement ou le motif lui paraissent inadaptés à l’âge du client.
Piercing et maquillage permanent : la même règle
L’obligation de consentement écrit ne concerne pas que le tatouage. Elle porte sur l’ensemble des techniques visées par la réglementation : tatouage par effraction cutanée, maquillage permanent et perçage corporel.
Choisir un professionnel déclaré
L’ARS Île-de-France conseille de choisir un professionnel déclaré, à qui l’on peut demander le récépissé de déclaration délivré par l’agence régionale de santé, et formé à l’hygiène, cette formation étant obligatoire. Elle met en garde contre le tatouage pratiqué au domicile du client ou du tatoueur (hors studio privé déclaré) : cette pratique est interdite et peut être dangereuse. Le professionnel doit aussi préciser qu’une autorisation parentale est obligatoire pour les mineurs.
Patienter avec un tatouage temporaire : attention au henné noir
Les tatouages éphémères permettent de tester un emplacement ou une taille de motif avant la majorité, mais pas n’importe lesquels. L’Assurance Maladie déconseille les tatouages éphémères noirs au henné : la paraphénylènediamine (PPD) qui leur donne leur couleur peut provoquer des réactions allergiques violentes et une sensibilisation définitive.
Questions fréquentes
L’accord d’un seul parent suffit-il ?
La règle rappelée par l’ARS porte sur le consentement écrit « d’une personne titulaire de l’autorité parentale ou d’un tuteur ». Un professionnel peut néanmoins demander davantage s’il le juge utile.
Un tatoueur peut-il refuser de tatouer un mineur malgré une autorisation parentale ?
Oui. L’autorisation écrite est une condition nécessaire, pas une obligation d’accepter le projet.
Le piercing est-il soumis aux mêmes règles que le tatouage ?
Oui. Le consentement écrit d’un titulaire de l’autorité parentale ou d’un tuteur est exigé pour le perçage corporel comme pour le tatouage et le maquillage permanent.
Que risque-t-on avec un tatouage fait par un particulier ?
Le tatouage au domicile, hors studio déclaré, est interdit selon l’ARS Île-de-France. Sur le plan sanitaire, l’Assurance Maladie rappelle qu’un matériel contaminé ou mal stérilisé expose aux infections bactériennes et aux virus des hépatites B et C et du VIH.
Sources
- ARS Île-de-France, « Tatouage, piercing et maquillage permanent : informations pour les professionnels », 24 septembre 2026 (consulté le 10 octobre 2026)
- ARS Île-de-France, « Tatouage, piercing, maquillage permanent : quel professionnel choisir ? » (consulté le 10 octobre 2026)
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Tatouage : à qui s’adresser et comment cela se passe ? », 18 septembre 2026 (consulté le 10 octobre 2026)
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Tatouage et maquillage permanents : de quoi parle-t-on ? », 17 septembre 2026 (consulté le 10 octobre 2026)
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Quels sont les risques du tatouage permanent ? », 18 septembre 2026 (consulté le 10 octobre 2026)